Discernement des esprits
Discernement des esprits
Les règles qui vont être citées et commentées à la suite concernent principalement les pensées, suggestions ou inspirations qui nous viennent à l'esprit comme d'elles-mêmes, sans causes directes apparentes, indépendamment donc de nos propres réflexions ou de ce qui nous vient de causes externes naturelles comme la lecture, l'écoute d'autrui, la vue, ou autres causes indirectes aisément identifiables en y appliquant son attention.
Elles sont néanmoins utiles aussi pour mieux discerner et régler nos propres sentiments ou comportements et ceux d'autrui, qui dépendent et résultent pour une part importante des causes méconnues et pourtant déterminantes qui y sont principalement analysées.
Ces règles sont en outre de deux sortes, se rapportant à deux catégories d'états d'âme ou de situations spirituelles et morales différentes.
La première série de règles plus élémentaires mais fondamentales a pour objet les cas les plus répandus et ordinaires, soit quant aux âmes plongées dans les péchés et les vices, soit quant à celles de commençants ou recommençants, suite à une conversion ou reconversion ; ou encore à un début de retour à la ferveur après un relâchement dans la tiédeur.
La seconde série de règles plus aprofondies concerne davantage ceux qui s'appliquent habituellement à se garder soigneusement du mal et des erreurs, tout en étant portés à n'imaginer le mal que sous des dehors manifestes ou évidents, hideux ou repoussants, "honnêtement" affiché comme tel, à estimer tel ou telle "tout bon" ou "tout méchant", la réalité comme "toute blanche" ou "toute noir", considérée "avec simplicité" tout d'une pièce "au quart de tour", sans faire l'effort ou se donner la peine de la moindre analyse, sans réflexion ni discernement, sans nuances ni distinctions ni précisions (lesquelles sont tenues par certains comme a priori suspectes d'édulcorations ou tergiversations, de demies mesures ou compromissions, voire de début de trahison), à ne pas considérer la hiérarchie des biens et des maux, des principes et des lois, et à devenir ainsi des cibles plus fragiles pour les illusions et égarements, les chimériques satisfactions ou succès à court terme, les tromperies et la subversion.
Elles sont néanmoins utiles aussi pour mieux discerner et régler nos propres sentiments ou comportements et ceux d'autrui, qui dépendent et résultent pour une part importante des causes méconnues et pourtant déterminantes qui y sont principalement analysées.
Ces règles sont en outre de deux sortes, se rapportant à deux catégories d'états d'âme ou de situations spirituelles et morales différentes.
La première série de règles plus élémentaires mais fondamentales a pour objet les cas les plus répandus et ordinaires, soit quant aux âmes plongées dans les péchés et les vices, soit quant à celles de commençants ou recommençants, suite à une conversion ou reconversion ; ou encore à un début de retour à la ferveur après un relâchement dans la tiédeur.
La seconde série de règles plus aprofondies concerne davantage ceux qui s'appliquent habituellement à se garder soigneusement du mal et des erreurs, tout en étant portés à n'imaginer le mal que sous des dehors manifestes ou évidents, hideux ou repoussants, "honnêtement" affiché comme tel, à estimer tel ou telle "tout bon" ou "tout méchant", la réalité comme "toute blanche" ou "toute noir", considérée "avec simplicité" tout d'une pièce "au quart de tour", sans faire l'effort ou se donner la peine de la moindre analyse, sans réflexion ni discernement, sans nuances ni distinctions ni précisions (lesquelles sont tenues par certains comme a priori suspectes d'édulcorations ou tergiversations, de demies mesures ou compromissions, voire de début de trahison), à ne pas considérer la hiérarchie des biens et des maux, des principes et des lois, et à devenir ainsi des cibles plus fragiles pour les illusions et égarements, les chimériques satisfactions ou succès à court terme, les tromperies et la subversion.
Re: Discernement des esprits
Dès ce prologue, le voile qui recouvre le monde invisible et néanmoins très réel des esprits de nature angélique commence à être soulevé.Saint Ignace de Loyola a écrit : 1ère série de "règles propres à faire discerner et sentir, en quelque manière, les divers mouvements excités dans l'âme, soit par le bon esprit, afin de les recevoir, soit par le mauvais, afin de les repousser."
Ce rappel, théoriquement connu par la Foi, nous demeure fort méconnu en pratique et n'est point l'objet habituel des pensées des humains, pas même de la plupart des Chrétiens.
Nous savons pourtant bien que Dieu nous a fait l'insigne honneur et faveur de confier chacun de nous à la garde et aux bonnes inspirations d'un Ange Gardien.
Saint Pierre (I 5,8) nous rappelle expressément que le démon, tel un lion rugissant, par lui-même, un ou plusieurs de ses démons, par toute sorte de ses suppôts humains, nous tourne autour pour chercher les failles, les moments de faiblesses ou de laisser-aller, pour nous tendre des pièges, nous tenter, nous inciter au péché.
D'où aussi l'avertissement solennel de Saint Paul (Eph. 6,12 ; 2,2) que nous n'avons pas seulement à lutter contre nos pauvres faiblesses, celles de notre entourage, la perversion mondaine, mais de plus avec les esprits malins et maléfiques qui rodent dans les airs en vue de la perte des âmes.
Toutefois, entre le savoir en théorie et y penser régulièrement, il peut y avoir malheureusement une grande distance.
Ici, il nous est parlé de l'action parallèle et opposée du bon et du mauvais esprit ; l'un voulant notre bien et avancement, l'autre notre recul, notres descente voire notre chute.
Tous deux s'appliquant à nous inspirer régulièrement de manière quasi imperceptible et pourtant habituelle, au point que nous soyons portés à nous attribuer ces inspirations ou suggestions au même titre que nos propres réflexions, aspirations, désirs, souhaits, sentiments.
Et dire que la plupart ignore tout d'une si importante réalité permanente, ou vit pratiquement sans en tenir aucun compte.
Le but de Saint Ignace est d'abord de nous apprendre ou rappeler leur quotidienne réalité ; ensuite de nous enseigner à les distinguer de ce qui relève de notre esprit et de notre coeur, ou des instigations de notre entourage ; enfin, à les discerner entre elles, comme venant soit du bon esprit, afin de les recevoir, soit du mauvais, afin de les repousser.
Re: Discernement des esprits
Une simple comparaison de cette première règle avec l'état du monde contemporain en lequel nous sommes plongés, voire submergés, suffit à montrer que sa caractéristique habituelle et ordinaire n'est que trop évidemment celle d'une société où 1° le grand nombre se trouve en une optique de personnes allant de péché mortel en péché mortel, et 2°, ce qui est plus grave en soi, les pouvoirs publics ou puissances en tenant les principales rênes se comportent comme des suppôts ou soutiens des démons, proposant sans cesse ou laissant constamment proposer des plaisirs apparents, occupant l'imagination de jouissances et de voluptés sensuelles : que ce soit par le matraquage ou bourrage de crâne dit "publicité" visuelle et auditive, le cinéma et ce qui s'y rattache, les modes artificiellement lancées et entretenues, les campagnes de déformations véhiculant la promotion, défense des vices même contre nature, et préparant leurs "légalisation", la "pénalisation" de toute opposition à leur encontre, les attaques calculées et systématiques contre les vertus, la Vérité, l'image apparente de l'Eglise Militante, etc... etc...Saint Ignace de Loyola a écrit : Première règle. A l'égard des personnes qui vont de péché mortel en péché mortel, la conduite ordinaire de l'ennemi est de leur proposer des plaisirs apparents, leur occupant l'imagination de jouissances et de voluptés sensuelles, afin de les retenir et de les plonger plus avant dans leurs vices et dans leurs péchés. Le bon esprit, au contraire, agit en elles d'une manière opposée ; il aiguillonne et mord leur conscience, en leur faisant sentir les reproches de la raison.
Re: Discernement des esprits
Notons aussi que ces tentations les plus ouvertes et outrées, quoique non trompeuses en soi du fait de leur perversité manifeste, peuvent néanmoins meurtrir, surtout en des moments de fatigue, lassitude ou faiblesse, même les âmes les mieux disposées, comme le montre la chute grossière du Saint Roi David avec Bethsabée.
En outre, plus on s'y trouve exposé régulièrement, longtemps voire quasi constamment, plus le danger est grand soit de chutes externes ou internes, soit de contamination insidieuse, soit de diminution de la résistance ou de l'intégrité morale, soit de relativisation du mal (les grandes perversions faisant paraître les moindres comme presque insignifiantes), selon la formule célèbre de Saint Augustin : « A force de tout voir, on finit par tout accepter ; à force de tout accepter, on finit par tout justifier.».
En outre, plus on s'y trouve exposé régulièrement, longtemps voire quasi constamment, plus le danger est grand soit de chutes externes ou internes, soit de contamination insidieuse, soit de diminution de la résistance ou de l'intégrité morale, soit de relativisation du mal (les grandes perversions faisant paraître les moindres comme presque insignifiantes), selon la formule célèbre de Saint Augustin : « A force de tout voir, on finit par tout accepter ; à force de tout accepter, on finit par tout justifier.».
Re: Discernement des esprits
Cette seconde partie de la première règle du discernement des esprits nous expose comment le bon esprit, s'adressant à des âmes allant de péché mortel en péché mortel, agit en elles d'une manière opposée à celle des mauvais esprits, de leurs suppôts, ou de ceux étant sous leur influence.Saint Ignace de Loyola a écrit :
"Première règle (2e partie)
Le bon esprit, au contraire, agit en elles d'une manière opposée ; il aiguillonne et mord leur conscience, en leur faisant sentir les reproches de la raison."
Que fait-il ?
Il aiguillonne et mord leur conscience, en leur faisant sentir les reproches de la raison.
Voilà donc ce qu'ont à faire, dans de semblables circonstances, tous ceux qui ont charge d'éducation, responsabilités d'âmes confiées à leur vigilance, ou même de proches ou d'amis cherchant le bien de ceux qui les entourent.
Ceci nous révèle aussi sous quelle influence se trouvent, et qui imitent le bon ou le mauvais esprit, en de tels cas.
Re: Discernement des esprits
Si je comprends bien :Abbé Zins a écrit :Ceci nous révèle aussi sous quelle influence se trouvent, et qui imitent le bon ou le mauvais esprit, en de tels cas.
Ceux qui sont sous l'influence du mauvais esprit ou qui l'imitent sont ceux qui proposent "des plaisirs apparents, occupant l'imagination de jouissances et de voluptés sensuelles", qui sous prétexte de l'évolution de la société (autres temps, autres mœurs) laissent libre cours à toutes sortes de liberté telles modes à demi-découvertes ou carrément indécentes, langage irrespectueux voire impudique, tutoiement sans aucune distinction, etc ... ceux qui ne corrigent surtout pas et laissent faire ...
Ceux qui sont sous l'influence du bon esprit ou qui l'imitent sont ceux qui aiguillonnent et mordent la conscience, en faisant sentir les reproches de la raison, qui corrigent le prochain pour son bien, lui font reconnaître sa faute, et prendre les moyens pour l'éviter à l'avenir, etc ... ceux qui souvent dérangent la conscience ...
Re: Discernement des esprits
Effectivement, rassurer le pécheur en son péché ou l'y laisser s'y complaire ou endormir, apporte une aide efficace aux malins esprits qui s'appliquent à nous perdre.
L'avertir, mettre en garde, éclairer, inciter à en demander pardon, à réparer autant que faire se peut, à sortir d'un état de péché, en revient à seconder précieusement son Ange Gardien et à préparer de bonnes dispositions en l'âme pour recevoir la grâce du pardon.
La demande de pardon ne suffit pas, sans le ferme propos de s'appliquer à prendre les moyens de ne point retomber et, en diverses circonstances, sans la réparation due.
D'où l'adage, à l'encontre du vol, surtout en matière grave : restitution ou damnation. Et, à défaut de savoir à qui rendre ou de pouvoir rendre à celui qui avait été lésé, il faut rendre en quelque sorte à Dieu, en la personne des pauvres.
Par ailleurs, il faut être conscient que le démon use souvent d'une autre tactique que de rassurer le pécheur, à savoir de le pousser à l'opposé au désespoir en grossissant ses fautes ou son état, en l'entraînant à ne considérer que sa propre faiblesse ou que la seule justice ou sévérité de Dieu. Ceci, surtout en fin de vie, et tout spécialement aux approches de la mort.
Il convient donc de ne point l'imiter non plus, sans le savoir ni vouloir, en déprimant trop le délinquant et en contribuant à le porter au découragement et à l'abattement prolongé.
Comme vous l'avez écrit, ce qu'il faut viser est son propre bien, lui faire saisir et reconnaître sa faute, le conseiller pour le conduire à en demander pardon, en réparer autant que possible les mauvais effets, et prendre les moyens pour l'éviter à l'avenir, en l'inclinant à s'appuyer moins sur ses propres forces que sur l'aide de la grâce divine qu'il faut sans cesse implorer.
L'avertir, mettre en garde, éclairer, inciter à en demander pardon, à réparer autant que faire se peut, à sortir d'un état de péché, en revient à seconder précieusement son Ange Gardien et à préparer de bonnes dispositions en l'âme pour recevoir la grâce du pardon.
La demande de pardon ne suffit pas, sans le ferme propos de s'appliquer à prendre les moyens de ne point retomber et, en diverses circonstances, sans la réparation due.
D'où l'adage, à l'encontre du vol, surtout en matière grave : restitution ou damnation. Et, à défaut de savoir à qui rendre ou de pouvoir rendre à celui qui avait été lésé, il faut rendre en quelque sorte à Dieu, en la personne des pauvres.
Par ailleurs, il faut être conscient que le démon use souvent d'une autre tactique que de rassurer le pécheur, à savoir de le pousser à l'opposé au désespoir en grossissant ses fautes ou son état, en l'entraînant à ne considérer que sa propre faiblesse ou que la seule justice ou sévérité de Dieu. Ceci, surtout en fin de vie, et tout spécialement aux approches de la mort.
Il convient donc de ne point l'imiter non plus, sans le savoir ni vouloir, en déprimant trop le délinquant et en contribuant à le porter au découragement et à l'abattement prolongé.
Comme vous l'avez écrit, ce qu'il faut viser est son propre bien, lui faire saisir et reconnaître sa faute, le conseiller pour le conduire à en demander pardon, en réparer autant que possible les mauvais effets, et prendre les moyens pour l'éviter à l'avenir, en l'inclinant à s'appuyer moins sur ses propres forces que sur l'aide de la grâce divine qu'il faut sans cesse implorer.
Re: Discernement des esprits
Pour cette seconde règle, le plus simple et le mieux sera de citer ici l'excellent commentaire qu'en a fait celui qui m'a formé en la matière. Il a été le disciple direct et le successeur du R.P. Vallet, le compositeur de l'agencement des Exercices de Saint Ignace (normalement de 30 jours) en 5 et 10 jours. Le R.P. Barielle a en effet été ensuite le supérieur des Coopérateurs du Christ-Roi fondé par le R.P. Vallet pour prêcher les Exercices, et le directeur de leur maison principale de Chabeuil. Le R.P. Barbara a été un temps son disciple et coopérateur en ces prédications.
R.P. Barielle a écrit : Comment le mauvais esprit s'y prend-il ? Et comment se comporte le Bon Esprit avec ceux qui travaillent courageusement à se corriger de leurs péchés ?
Les démons, comme les Bons Anges, sont de purs esprits, on ne les voit pas. Mais le Bon Dieu n'a pas voulu que les démons, nos ennemis, viennent nous attaquer sans que nous n'ayons comme un « radar » pour les détecter.
D'où l'importance des examens de conscience. « Vigilate et orate » a dit et répété Jésus dans l'Evangile : « Veillez et priez. » Malheur au chrétien qui n'est pas sur ses gardes ! Le démon trafiquera dans son âme tant qu'il voudra ; l'homme ne s'apercevra de rien s'il n'est pas sur le qui-vive.
Pourtant il ne suffit pas de veiller : A quel signe vais-je reconnaître que je suis en face du Bon ou du mauvais esprit ?
Saint Ignace nous donne six signes pour reconnaître le mauvais esprit cherchant á surprendre ceux qui vont de bien en mieux.
Nous avons donc comme six caractéristiques, comme six odeurs pour trahir le mauvais esprit :Saint Ignace de Loyola a écrit :315 Dans les personnes qui travaillent courageusement á se purifier de leurs péchés et vont de bien en mieux dans le service de Dieu, Notre-Seigneur, le Bon et mauvais esprit opèrent en sens inverse de la règle précédente. Car c'est le propre du mauvais esprit de leur causer de la tristesse et des tourments de conscience, d'élever devant elles des obstacles, de les troubler par des raisonnements faux, afin d'arrêter leurs progrès dans le chemin de la vertu...
I. La tristesse.
« Un saint triste est un triste saint » disait saint François de Sales. Le démon est l'éternellement triste... Il ne peut pas se débarrasser de sa tristesse. Dès qu'il s'approche de vous, il vous communique sa tristesse sans le vouloir.
C'est tellement fort que dans les Règles du discernement des esprits de la deuxième semaine, quand le démon s'efforcera de tenter une âme fervente, sous l'apparence du bien, un des signes pour le reconnaître sera cette tristesse dont on se sent envahir.
Un tel était sorti content du confessionnal, puis tout d'un coup il se sent triste. Reconnaissez celui qui s'approche de lui avec sa tristesse !
Voilà un jeune homme triste. Je ne dis pas qu'il a péché, mais je sais que le démon rôde autour de lui. Attention à ces rêveries mélancoliques ! On ne sait pourquoi... Le démon n'est pas loin !
Re: Discernement des esprits
- 45. "Cette douleur maligne,
Est un très mauvais signe,
Ce trouble et noir chagrin
C'est l'effet du malin."
S.L.—M.G. de Montfort, Oeuvres Complètes,
Ed.Seuil 1966, p. 1421, 3e. Cantique (101)
sur "La consolation des affligés".)
Re: Discernement des esprits
Assurément.Laetitia a écrit :
- 45. "Cette douleur maligne,
Est un très mauvais signe,
Ce trouble et noir chagrin
C'est l'effet du malin."
S.L.—M.G. de Montfort, Oeuvres Complètes,
Ed.Seuil 1966, p. 1421, 3e. Cantique (101)
sur "La consolation des affligés".)
Il y a toutefois diverses précisions à faire en la matière, tellement les démons varient leurs tromperies.
Tout d'abord quant à la tristesse : Bien sûr, cela peut venir d'une cause naturelle.
Ensuite, si la vraie joie, spirituelle et intérieure, est effectivement un signe de santé spirituelle et morale,
le démon fait miroiter d'autres joies ou apparences de joies que celles qui sont légitimes,
qui sont plutôt des recherches de satisfactions sensibles ou plaisirs immédiats comme bien manger, grosse situation, beaucoup d'argent, victoire de telle équipe, avènement de tel régime ou des vacances au bout de la terre,
une jouissance prolongée et relativement stable bannissant au maximum les douleurs et afflictions.
Il faut donc aussi prendre garde au fait que le démon cherche à tourner à son avantage la joie comme tout le reste et que là où il y a l'excitation, l'agitation, là aussi est le démon, comme le R.P. le signalera en son 4e point se rapportant au trouble et à la griserie.
Par ailleurs, il faut également savoir, à l'opposé, que s'il est certes
très important de repousser la tristesse intérieure ou désolation spirituelle,
il importe cependant de
distinguer deux sortes de tristesse : l'une selon le monde, l'autre selon Dieu qui opère le salut par la pénitence ;
reconnaître que la joie n'est pas toujours bonne et louable ;
méditer sur le rôle de la tristesse dans les desseins de Dieu,
et discerner une salutaire tristesse selon Dieu et les heureux effets salutaires de cette sainte tristesse,
en soulignant pour finir l'imperfection et les illusions de ceux qui servent Dieu pour leur utilité ou consolation.
Ce qui démontre d'autant mieux la nécessité du discernement et l'admirable équilibre de la vraie doctrine chrétienne.
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