Re: Vie très-complète de SAINTE PHILOMÈNE
Publié : mer. 17 nov. 2021 11:27
Le croira qui voudra, ma sainte protectrice, mais
rien de plus difficile à s'expliquer dans ce fait que dans
celui-même qui suit.
C'était au moment où Philomène opérait ces merveilles dans sa châsse.
Comme si le Ciel eût voulu attester le prodige de
celle admirable métamorphose, un enfant de six ans,
que la petite vérole avait rendu aveugle, recouvra
immédiatement la vue aussitôt qu'on l'eût approché de
la sainte : et ce fait fut attesté par de nombreux témoins !
Un autre, c'était un vieux pécheur. Il visite la châsse,
ses regards ne l'ont pas sitôt fixée, que l'on voit des
traits de sévérité couvrir le visage de la sainte.
Les fidèles prient. Tout à coup la sérénité reparaît,
et la face de Philomène rayonne de joie. Ce pécheur
se prosterne, déclare les larmes aux yeux, qu'il vient d'être
éclairé intérieurement, lui pourtant si incrédule auparavant.
La sainte lui avait obtenu la conversion. Ce fait est tout aussi
croyable que celui qu'elle opéra lorsqu'elle agrandit sa châsse
et qu'elle s'y assit : merveilles pourtant incontestables.
Et Dieu n'est-il pas admirable dans ses saints! Peut-il ne pas
glorifier ses amis qui ont sacrifié leur vie pour Lui ?...
Plusieurs fois, il s'est aussi opéré dans les yeux de la thaumaturge des mouvements bien extraordinaires.
C'était quand on lui demandait quelque faveur particulière.
Voici un fait qui eut lieu en 1832. Don Albert Testa,
d'Avellino, était, depuis l'âge le plus tendre, sujet a de
nombreuses et grandes infirmités. Elles avaient épuisé
toutes les ressources de la médecine.
Sa famille, qui professait publiquement une grande
dévotion à sainte Philomène, résolut de venir à Mugnano
solliciter la guérison d'Albert. Pendant qu'elle multipliait
ses instances, l'on remarqua que notre sainte ouvrant
l'un de ses yeux, regardait le malade et sa famille.
Ce prodige parut l'heureux présage du bienfait désiré.
Don Albert alla mieux durant quelques jours; mais
bientôt il retomba dans un état pire.
On ne perdit pas confiance. Nous voulons absolument,
disaient-ils à leur sainte protectrice, que vous nous
obteniez cette grâce. Notre famille est toute à vous.
Comment pourriez-vous ne point souscrire à nos désirs?...
Ils partent pour Avellino. Ils ne cessent de prier. De
retour à Mugnano, vers la fin de septembre, ils
recommencent à frapper plus fortement à la porte de
Celui qui a dit : «Frappez, et l'on vous ouvrira ».
Dès le matin du premier jour, on fit sur le visage de la
sainte les mêmes observations que l'on avait faites précédemment.
Nos pèlerins, encouragés par ces signes extraordinaires de bienveillance,
revinrent encore le soir à l'église, et demandèrent qu'on leur découvrît
la châsse une seconde fois.
Mais le ciel était obscurci de tant de nuages, et la pluie tombait en si grande abondance, que, malgré six grands cierges allumés, on ne voyait que bien imparfaitement ces traits chéris, où l'on voulait recueillir de nouveau l'espoir de la guérison tant désirée. Toutes les personnes présentes en étaient tristes, quand tout à coup un rayon de lumière, jaillissant d'une grande fenêtre qui faisait face à l'Orient, vient donner sur le visage de la sainte, et permet d'en contempler les traits à loisir.
C'était là un premier miracle; car le soleil était alors
à l'Occident; il fut accompagné d'un second non moins
prodigieux.
On vit en ce moment, d'une manière bien distincte,
les yeux de la vierge martyre s'ouvrir à huit reprises
différentes, et avec une admirable vivacité. La pieuse
famille, au comble de la joie, n'osait plus avoir le moindre
doute sur le plein succès de sa demande; et, en effet,
au bout de quelques jours, Don Albert se trouva si parfaitement
guéri, qu'il semblait n'être plus le même homme.
A SUIVRE...