Sermon du Vénérable Louis de Grenade pour le Vème dimanche après Pâques
Publié : dim. 14 mai 2023 22:47
(à suivre)PREMIER SERMON POUR LE Ve DIMANCHE APRÈS PÂQUES.
Explication de la première partie de l'Évangile.
Amen dico vobis, si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis.
En vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez en mon nom à mon Père, il vous le donnera. Joan. XVI, 23
Très-chers frères, presque tous les évangiles des dimanches après Pâques sont éminemment appropriés à ce saint temps. C'est, en effet, un temps consacré à la joie spirituelle : ce qu'indique clairement le mot Alleluia, symbole de l'allégresse spirituelle, et tant de fois répété dans la prière publique. Or ces évangiles, loin d'exciter la terreur, rappellent l'ineffable tendresse de Jésus-Christ, ainsi que les dons et les consolations du Paraclet : consolations par lesquelles notre Seigneur adoucissait le chagrin que ses disciples ressentaient de son départ. Quant au saint évangile de ce jour, il est consolant pour nous comme pour eux ; que dis-je ? il ne s'y trouve pas un mot qui ne soit pour nous une source intarissable de confiance, de joie et de consolation.
« En vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez en mon nom à mon Père, il vous le donnera. » Quoi de plus doux que ces paroles ? quoi de plus magnifique, de plus admirable ? Si un roi voulait manifester sa munificence à l'égard d'un ami, que pourrait-il faire de plus ? Nous ne voyons dans l’Écriture qu'un seul exemple d'une telle promesse dans la bouche de Dieu. Après l'achèvement du temple, et après l'immolation de tant de victimes, le Seigneur ordonna à Salomon de lui demander tout ce qu'il voudrait. Elie, sur le point de quitter la terre, dit pareillement à son disciple chéri : « Demandez-moi ce que vous voulez que je fasse pour vous. » IV Reg. 11, 9. Ainsi, ce qui arrive si rarement parmi les hommes, notre Seigneur, dans le présent évangile, l'offre, non pas à un seul ami, ni à ses disciples chéris seulement,mais à tous les fidèles sans exception : « En vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez en mon nom à mon Père, il vous le donnera. »
Comme cette magnifique promesse semblait incroyable, il la fait précéder de ces mots : « En vérité je vous le dis, » afin de montrer la certitude de sa promesse, et de fortifier notre foi. Car c'est comme s'il avait dit : Quoique cela vous paraisse incroyable, c'est cependant la vérité ; parce que ce n'est pas un don d'une faible créature, c'est un bienfait de la libéralité divine, qui est infinie.
Combien cette promesse affermit notre confiance ! combien elle rend inexcusable notre nonchalance, quand nous répudions une miséricorde si attentive et si prévenante ! Car saint Chrysologue l'a dit : « Il faut accuser la négligence de l'un dans la prière, quand on ne peut mettre en doute la miséricorde et la générosité de l'autre. »